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Sunday, July 10, 2016

De mangeur de kebab à crudivore : j'ai testé le 100% cru. Des résultats impressionnants

LE PLUS. Vincent est chef de produit au 42 degrés, restaurant parisien pionnier en matière de bistronomie crudivore. Pour s’intégrer, le jeune homme de 25 ans a troqué le fast-food pour la raw-food (nourriture crue). Pendant deux mois, il n’a rien avalé de cuit. Témoignage.




J’étais plutôt du genre kebab à emporter et ailerons de poulet au KFC avant de commencer à travailler dans un restaurant crudivore en janvier 2016.

Du jour au lendemain, j’ai lâché la malbouffe pour la nourriture crue. Au bout de quelques semaines seulement, j’ai senti d’énormes changements positifs sur ma santé. Après deux mois, j’ai commencé à réincorporer du cuit dans mon alimentation. Aujourd’hui, je mange à 80% cru. Un équilibre qui me convient.

Mon initiation au crudivorisme

À mon arrivée au 42 degrés - restaurant végétalien (aucun produit d’origine animal n’est utilisé) parisien qui ne cuit aucun de ses aliments mais en déshydrate certains - je ne prêtais pas spécialement attention à mon alimentation.

Curieux et motivé, je me suis simplement dit qu’il fallait bien que je teste moi-même la raw-food, ou crudivorisme, pour mieux connaître mes clients et mes produits. Manger de la pizza tout en travaillant dans ce restaurant me semblait aussi aberrant que de voir un "Genius" d’Apple avec un Dell sur les genoux.

C’est donc grâce à mon travail que je suis passé de l’autre côté, celui du cru. Seul, je pense que je n’aurais jamais eu l’idée ou la motivation de me tourner vers un tel régime alimentaire. J’estime que j’ai bénéficié des meilleures conditions pour devenir rawfoodiste à 100% pendant deux mois.

Comme beaucoup de personnes qui ne connaissent pas le crudivorisme, je pensais à tort que j’allais mourir de faim ou manger tous les jours la même chose. En réalité, c’est un régime riche et varié. Je n’ai ni souffert de la faim, ni de la monotonie alimentaire. Au contraire.

Ma journée 100% crue type

Lors d’une journée 100% crue, je commence par un jus de fruits et légumes avant d’avaler mon café. Certains crudivores vont jusqu’à ne pas en boire car il est torréfié, mais ce n’est pas mon cas. Je ne vois pas l’intérêt de me priver de manière si extrême.

Au déjeuner, je mange souvent des tagliatelles de légumes. J’aime particulièrement celles aux courgettes et à la patate douce. Pour les faire, je prends une mandoline. L’objet permet de découper des aliments crus facilement et de leur donner une forme de pâtes. Par-dessus, j’ajoute une sauce à l’aïoli, sans œuf bien sûr.

Dans l’après-midi, je me fais un deuxième jus pour patienter jusqu’à l’apéro. Et oui, les rawfoodistesaussi boivent du rosé en terrasse. Du moins, c’est mon cas. Pour accompagner le vin, je gringotte des chips de légumes déshydratées. Il y a plusieurs saveurs, je préfère celles à l’oignon et au kale (sorte de choux frisé).

Pour le dîner, je choisis un hamburger végétalien. Le pain est remplacé par un énorme champignon et le steak végétal est déshydraté.

Pour le dessert, il y a du "rawmage", comprenez du fromage cru. Au restaurant, je mange surtout le "rawmembert" (camembert cru). Il est fait avec des noix de cajou, de l’ail, du vinaigre de cidre et de l’eau filtrée. C’est franchement très agréable en bouche. Pour ce qui est des gâteaux, je mange surtout des cookies végétaliens (sans œufs ni lait) au cacao.

Au final, je me suis régalé pendant deux mois, et comme j’avais tout à portée de main, je n’ai jamais galéré pour manger cru. Bien sûr, pour ceux qui n’ont pas cette chance, ça peut demander un peu plus d’organisation.

6 kilos et des boutons en moins  

Sur le plan physique, ma première semaine 100% crue fût la plus difficile. Pas parce que les kebabs me manquaient – un peu les premiers jours je dois l’avouer – mais plutôt parce que mon estomac n’était pas habitué. Le petit choc passé, tout est rentré dans l’ordre. Et même mieux qu’avant.

Je n’avais pas du tout faim entre les repas. Certains s’étonnent car l’apport calorique des produits crus, notamment des légumes, est souvent inférieur à celui des aliments cuits. Pourtant, c’est tout simple : il suffit d’augmenter les quantités. Au lieu de manger une petite assiette de carottes râpées en entrée par exemple, je mangeais un saladier entier.

Au fur et à mesure, j’ai remarqué que j’avais plus d’énergie et que ma légère acné disparaissait petit à petit. Au bout de deux mois, je n’avais plus aucune imperfection sur le visage et j’avais perdu presque 6 kilos superflus. J’étais en pleine forme.

Sur le plan social, je n’ai fait aucun sacrifice. Bien que je n’ai pas conquis un seul ami avec ma nouvelle passion culinaire – ils sont plus du genre McDonald's que restaurant gastronomique – je n’ai pas eu de problème à garder une vie sociale active pendant ces deux mois. Mes proches étaient finalement plutôt indifférents face à ma démarche. Ils m’ont laissé faire mon expérience comme je le souhaitais. De mon côté, je n’ai jamais refusé une invitation sous prétexte que je ne pouvais plus manger de rôti de veau.

Le retour au cuit

J’aurais pu continuer à ne manger que du cru pendant des mois encore mais j’ai fini par craquer en douceur. Par envie surtout. Après deux mois de végétalisme cru, j’ai rompu ma diète avec de la viande. Crue elle-aussi. Le premier aliment cuit que j’ai mangé après deux mois d’abstinence ? Des pâtes. Je me suis régalé.

Comme je ne me voyais pas revenir aux fast-food mais que je n’avais pas non plus envie de me priver de viande ou de certains produits cuits, j’ai décidé de faire un entre-deux.

Aujourd’hui, je mange toujours au restaurant crudivore pour lequel je travaille une à deux fois par jour. Il m’arrive cependant de faire des écarts le soir, lorsque je dîne chez moi ou avec des amis. Mais ces entorses n’ont pas d’effets négatifs. La preuve ? Je remange des produits cuits depuis quatre mois et je n’ai pas repris un seul des kilos ou des boutons perdus.

Cette expérience m’a appris à manger sainement, à choisir des produits de saison bios par exemple. J’ai aussi et surtout pu découvrir un autre régime alimentaire, largement sous représenté et méconnu en France.

Pourtant, c’est un idéal vers lequel nous devrions tous tendre. Pas forcément de manière extrême d’ailleurs. Un ratio 80% de cru et 20% de cuit est totalement gérable et parfaitement sain. Les petits écarts ne sont jamais fatals. Pas besoin d’être absolu pour être crudivore.

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